Genre : Racer (isométrique)
Console : SNES / Genesis / GBA
Compagnie : Interplay (Éditeur), Silicon & Synapse (Développeurs)
Année : 1993
Nombre de joueurs : 1-2
Un soir de semaine parmi tant d'autres, vous vous demandez quoi faire de votre peau pour éviter de réévaluer votre système de valeurs. Vous songez à rebrancher votre SNES, mais vous hésitez car vous ignorez par quoi le remplacer dans sa qualité d'égaliseur de patte de table. Vous voulez un jeu de course, mais après 3 marathons de Super Mario Kart, la musique du Battle Mode vous donne la nausée. Vous cherchez quelque chose de plus raw, de plus méchant, bref de plus ROCK N' ROLL...
Rock N' Roll Racing, le racer futuristique de Blizzard avant que Blizzard ne soit multizillionnaire (en fait, avant que Blizzard ne soit Blizzard), est le jeu que le nihiliste en vous recherche. Soyez d'abord prévenus qu'on parle ici d'un racer avec point de vue isométrique, donc 3ème personne, semi-fixe, diagonal... Impossible à expliquer clairement autre qu'en comparant avec R.C. Pro-AM (NES) ou Super Off Road (SNES) ou alors avec cette image.
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D'ailleurs, le jeu emprunte beaucoup à R.C. Pro-AM (de RARE avant que RARE ne soit RARE). Courses intempestives à 4 pilotes simultanément, 4 tours par course, armes destructrices, bolides pouvant être upgradés à souhait. Là où RNRR se distingue, c'est par la pure quantité de Rock N`Roll qu'il envoie directement dans votre système limbique. 5 chansons torrides (Peter Gunn Theme, Bad to the Bone, Highway Star, Paranoid et Born to Be Wild) synthétisées de façon subpar qui jouent en boucle jusqu'à vous donner des idées suicidaires. Oui, le PMRC a raison de dire que le Ozzman peut pousser les gens au suicide, pas avec "Suicide Solution", mais bien avec Paranoid en MIDI. Wikipedia nous dit qu'une chanson bonus (Radar Love) est disponible sur Genesis, mais qui est prêt à endurer la qualité audio sordide du Genesis en plus des chansons en loop infini simplement pour du Golden Earring ? Je réponds "F*ck it".
Vous croyez encore que votre patience légendaire peut venir à bout d'un set list si famélique qu'il rend CHOM vert de jalousie ? Soit, mais attendez de rencontrer mon ami Larry. Larry est le "commentateur" de service dans l'univers cruel de RNRR. Bien que ses répliques aient encore plus de mordant qu'un coup de poing dans la fourche (SNAKE jams into first! VIPER is in another time zone! RAGEWORTT lights them up!), elles deviennent aussi répétitives que les chansons après 2 courses. Mais, comme il s'agit de pure fiction, le monde merveilleux de RNRR vous permet de lui fermer la trappe (voir photo). On finit quand même par s'ennuyer de Larry après un moment.
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Passons aux choses sérieuses, le jeu peut vous rendre dingue parfois, mais il n'en reste pas moins qu'il a des qualités indéniables. Les contrôles, par exemple, sont "top notch", tout comme le système de personnalisation de votre véhicule. En effet, on vous propose des améliorations sur le chassis, les pneus, le moteur en plus des extras (nitros, missiles, mines). Le seul hic c'est lorsque vous passez à une classe différente de véhicule après avoir investi une fortune dans votre vieux tacot. Dur de se séparer de son "Highway Star" sans se retourner. Autrement, les graphiques sont relativement simplistes, mais fonctionnent plutôt bien, si on ne considère pas les multiples fois où vous jugerez mal la profondeur et vous sauterez en dehors de la piste pour finalement exploser. Les photos des pilotes sont également pour le moins amusantes (tantôt un sosie de Fabio, tantôt un ersatz de Chewbacca et tantôt un cameo d'un viking flatulent). Une équation mathématique transcendentale est fournie pour le lecteur.

Les contrôles sont adéquats; si vous jugez que vous dérapez trop, achetez de nouveaux pneus, bande de Sennas futuristes ratés. La difficulté est appropriée aux trois niveaux que le jeu propose : Rookie pour une simple balade homicidale dans le parc, Veteran pour un peu de défi et Warrior pour ceux qui tentent d'oublier les rigueurs de la vraie vie.
En somme, je recommande le jeu à tous les amateurs de jeux de course (ARCADE, bien sur) et à tous les fanboys de Blizzard qui se font plaisir en regardant des
model shots de Zeratul tard le soir.